Pourquoi il est impératif de juger Salah Abdeslam

Vous avez été nombreux à commenter mon texte de vendredi annonçant l’arrestation de Salah Abdeslam et à vous émouvoir d’un procès à venir.

Certains pensent qu’il s’agit de temps et d’argent perdu.

D’autres imaginent des complots de la part de l’Etat.

De grâce, revenons à la raison !

 

PAS DE COMPLOT

L’arrestation s’est déroulée de façon « normale » non pas tellement à la suite d’une enquête du genre de celle qu’on voit dans les séries américaines mais -apparemment- grâce à une dénonciation d’un proche.

Il n’y a aucun complot derrière tout cela, simplement une incompétence ordinaire au départ (on se souvient de la fuite de Salah Abdeslam vers la Belgique et des contrôles sans suite dont il a fait l’objet), suivi d’un grand déploiement de moyens pour réussir à avancer dans l’enquête.

 

UNE ENQUETE INDISPENSABLE

A partir de là, la question qui se pose désormais est celle de l’enquête et du sort de ce terroriste.

Les policiers avaient deux options :

• Se livrer à un assaut très brutal comme celui ayant concerné Abaaoud, destiné non pas à appréhender mais à éliminer.
• Jouer le jeu de la démocratie en utilisant la violence strictement nécessaire.

C’est ce qui s’est passé et c’est finalement là l’intérêt essentiel de cette arrestation.

En l’arrêtant, la police Belge livre à la justice Française un assassin vivant.
Nous devons nous en réjouir.

Le but des victimes n’est en effet pas de se mettre au niveau des assassins mais de répondre à l’ignominie par les règles de la République.

Au delà de cet aspect symbolique, nous ne pouvons écarter la possibilité qu’il parle et nous livre certains éléments.

Ceux-ci pourraient nous permettre
• de comprendre comment un petit dealer devient un terroriste
• peut-être de trouver une solution pour mettre un terme à cette escalade devant laquelle nous sommes aujourd’hui impuissants,
• éventuellement d’identifier certains commanditaires.
• ….

 

En tous les cas, nous sommes confrontés à des hommes qui attaquent l’Etat Français parce qu’il est laïc, démocratique et qu’il défend les libertés.
Notre seule réponse est d’être encore plus ce que nous sommes et d’y ajouter l’inflexibilité que mérite ce genre de personnage.

L’idée n’est pas de tendre l’autre joue mais de montrer à ceux qui veulent que nous devenions comme eux et qui nous provoquent en ce sens, qu’ils ne gagneront pas.

Se comporter comme eux serait une nouvelle défaite.

C’est ce que nous avons fait en défilant et nous proclamant « CHARLIE ».

Gérard Chemla

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