Attentats de Paris : les conséquences de l’arrestation d’Abrini

Une partie des auteurs survivants des attentats de Bruxelles a été arrêtée en quelques jours.

Une partie seulement, hélas.

Nous sommes désormais conscients d’être confrontées à une hydre dont les têtes repoussent à chaque fois qu’on les coupe.
Hercule en était venu à bout.

Nous y parviendrons, mais pas sans dommages et à condition d’être résolus organisés et lucides.

1/ les personnes arrêtées

Nous ne disposons pas d’autres informations que celles fournies par la presse. Cependant, on sait qu’ont été interpellés notamment :
– Mohamed ABRINI complice évident de SALAH Abdeslam dans les attentats de Paris (il avait été vu dans sa voiture lors de nombreux allers-retours entre Paris et Bruxelles du 10 au 13 Novembre.
Belgo-Marocain, né en 84.
Il est connu pour ses contacts dans les cercles islamistes radicaux et jihadistes à MOLENBEEK.
Il serait parti en Syrie en juin 2015 mais n’a probablement pas passé beaucoup de temps sur place.
Son frère Soulaimane ABRINI est décédé en Syrie en 2014. Il faisait partie du groupe BATIBAT EL BATAR en lien avec l’Etat islamique.
ABAAOUD était également un membre de ce groupe.
Lors des attentats on a entendu des terroristes mentionner le nom de ABOU SOULEYMANE. Tout laisse à penser qu’il s’agit de ce personnage.

– Un des autres interpellés ferait partie du groupe qui est entré en Europe par l’ile de LEROS avec de faux passeports volés par l’Etat Islamique avec deux terroristes morts lors des attentats de Novembre

L’un d’entre eux pourrait être en rapport direct avec le terroriste du Thalys.

 

2/ Ce qu’on peut déduire de ces arrestations

Si l’étau se resserre, le travail est loin d’être terminé.
A l’évidence, les attentats imposent une logistique particulièrement fine. Les terroristes sont pendant les attaques coachés à distance par des personnes joignables au téléphone restées sur des bases arrières.
Ils bénéficient d’un soutien efficace. En perdition, ils appellent et reçoivent de l’argent, des renseignements, des planques…

Il reste des arsenaux, des artificiers, des généraux et des soldats.

 

3/ Le rôle de la justice

L’idée selon laquelle les procès ne serviraient à rien est fausse.

L’enquête est efficace et permet des arrestations qui vont elles-mêmes permettre d’aller beaucoup plus loin.

La complexité va être désormais de savoir qui de la France ou la Belgique gère la suite.

Une partie des terroristes est détenue en Belgique et maintenant directement accusée de crimes commis sur le territoire Belge.

L’autre est en France.

Il s’agit pourtant des mêmes groupes et une direction d’enquête unique est nécessaire.

Des réponses vont devoir nous être données sur ce point par les autorités judiciaires et politiques des deux Etats.

 

4/ La gestion des emprisonnements

On a vu dans les notes retrouvées dans les affaires de Sid Ahmed GLHAM, le très maladroit terroriste de Villejuif (qui après avoir exécuté Aurélie Châtelain s’est blessé à la cuisse et a appelé les secours) que l’emprisonnement constitue une phase prévue dans les plans des hommes de Daesch.

Ils sont censés profiter de leur emprisonnement pour recruter de nouveaux combattants.

Il faut par ailleurs éviter qu’ils se concertent et puissent communiquer avec l’extérieur (ce qui est très facile dans nos prisons).

Comment va-t-on l’éviter sans créer un Guantanamo français ?

 

5/ L’Hydre

On constate à chaque arrestation qu’il reste encore des terroristes, des armes, des explosifs dans la nature. Les groupes sont beaucoup plus importants et organisés qu’on ne l’imaginait.
Les attentats de Bruxelles auraient dû être réalisés à Paris.

Rien n’est fini.

Notre méfiance doit être totale.

Gérard Chemla

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