Procès du Concorde – Audience du 9 février 2010

Une nouvelle semaine commence et le Tribunal va examiner des questions techniques tout au long de cette semaine.

L’après midi du mardi 9 février 2010 est consacrée  au changement du bogie du train d’atterrissage (pièce faisant partie du train) dont le remplacement a été défectueux par l’oubli d’une pièce (entretoise) que j’ai déjà évoqué dans le précédent article.

M. BOSCH est entendu par le Tribunal en qualité d’expert sur ce problème et ses conclusions sont d’une grande clartées :

« l’absence de l’entretoise n’est pas contributif de l’accident survenu le 25 juillet 2000. Certes, une pièce a été oubliée qui a modifié le comportement des roues du train d’atterrissage mais pas suffisamment pour entrainer un ripé qui aurait été de nature à affaiblir les pneumatiques du concorde ni même à expliquer une déviation de trajectoire. »

La thèse que voulait développer Continental Airlines est mise en difficulté.

Les avocats de cette compagnie tentent, alors, de déplacer le débat, de nouveau, sur la maintenance au sein d’Air France en rappelant les difficultés de compréhension de la langue anglaise et l’absence d’outil nécessaire pour effectuer la réparation sur le train d’atterrissage.

Cependant, il apparait clairement à l’issue de cette journée que non seulement le prétendu « ripé » du pneumatique a été insuffisant pour provoquer l’éclatement de la roue n°2 mais bien au contraire l’absence de la pièce incriminée à soulager l’effort sur la roue au moment du roulage et qui s’est déchirée au moment de la rencontre avec la lamelle du DC 10.

En outre, l’expert rappelle que des essais de roulage du concorde ont eu lieu en 2003 dans la même configuration (entretoise absente) et qu’il n’a pas été constaté d’échauffement particulier des pneus ni de dégradations qui auraient pu provoquer un éclatement.

Le débat semble être clos à ce sujet.

Le Tribunal aborde alors la préparation opérationnelle de l’avion et notamment la surcharge avérée de l’appareil au moment de son décollage.

A ce sujet, il faudra attendre l’exposé des experts pour déterminer les éventuelles incidences de cette surcharge sur l’accident.

Mon expérience dans le domaine aéronautique me fait dire que cette surcharge ne peut être considérée comme importante au regard de l’accident. Je préfère, cependant, attendre la dépositions des experts pour pouvoir l’affirmer.

L’audience est supendue à 18 h.

Sébastien BUSY

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3 Comments

  1. Cool Hand · 14 février 2010

    Citation : « En outre, l’expert rappelle que des essais de roulage du concorde ont eu lieu en 2003 dans la même configuration (entretoise absente) et qu’il n’a pas été constaté d’échauffement particulier des pneus ni de dégradations qui auraient pu provoquer un éclatement.

    Le débat semble être clos à ce sujet. »

    On peut toutefois rappeler que le Concorde avait volé 4 jours sans la dite entretoise.
    Les essais réalisés en 2003 sont de ce fait incomplets vis à vis de ce qu’a vécu le Concorde accidenté.

  2. Cool Hand · 14 février 2010

    Le BEA dit d’ailleurs clairement, que les bagues de cisaillement ont glissé lors des vols précédents l’accident (page 151 du rapport).

  3. Oger Jean · 17 février 2010

    La pièce manquante a donné un angle non désiré de 5° au boggie. Coimment nier la déviation de trajectoire au sol(prouvée par l’enregistrement du DFR)et le ripage des pneus ? Quant à la surcharge d’environ 800kg, il existe des abaques donnant l’équivalence de surcharge en fonction du vent : ce jour-là, vent du 90, 8 noeuds, dans le dos du Concorde qui décolle au 260, ça donne plus de 5 tonnes de surcharge. Et décollage en 3.2km au lieu de 2.6km. La déviation de trajectoire, matérialisée au xol par l’herbe brûlée sur le côté gauche de la piste, indique le décollage prématuré de l’appareil décidé par Marty et prouvé là encore par le FDR, La vitesse de sécurité requise n’était pas atteinte. Comme souvent un accident d’avion est la conséquence d’une accumulation de négligences.
    Mais tout cela porte atteinte à la maintenance d’Air France et au respect des procédures. Il est politiquement incorrect d’en parler. D’ailleurs, la presse observe un mutisme total sur ce procès.

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