« Pol Pot démission » : l’union relaxé

Article paru dans l’Union, le 9 septembre 2009

Hier, le tribunal correctionnel a rendu son délibéré dans un dossier qui opposait l’union au directeur des services de la ville. l’union a été relaxé.

LE 30 juin dernier, le tribunal correctionnel examinait l’affaire qui opposait notre journal – par le biais de son directeur de la publication Jacques Tillier – au directeur général des services de la ville de Reims, Vincent Potier (l’union du 1er juillet). Ce dernier avait, en effet, attaqué l’union pour « injure publique envers un citoyen chargé d’une mission de service public » après la publication – dans la rubrique « Indiscrétions », le 14 février dernier – d’un article relatant comment Vincent Potier avait pu être surnommé « Pol Pot » par des manifestants en colère. Début février, les agents municipaux avaient lancé un grand mouvement de grève. Le conflit qui opposait la base à la mairie concernait « l’augmentation des salaires de la catégorie C, la résorption de la précarité et la dégradation du climat social en raison de la réorganisation », selon la CGT.

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Chanté en chœur

Le 14 février, les grévistes avaient, dans la salle de s fêtes de l’hôtel de ville, et à l’occasion d’une nouvelle manifestation, « chanté en cœur Pol Pot démission ou Potier démission ! » expliquait notre journaliste. À l’audience, l’avocat de Vincent Potier a expliqué que le titre de « Pol Pot » avait « causé un préjudice considérable » à son client. « Être assimilé au génocidaire Pol Pot est insupportable. » Il avait réclamé 1 euro symbolique de dommages et intérêts et a demandé la publication du jugement dans les colonnes de l’union.

Plusieurs témoins – représentants syndicaux présents le jour de la manifestation incriminée – avaient aussi été cités à l’audience du 30 juin dernier. Ils avaient, étonnamment, pour les uns nié avoir entendu les propos cités par notre journaliste, pour d’autres reconnu qu’ils avaient effectivement été lancés, « mais une seule fois ».

Pour Me Chemla, avocat du directeur de la publication de l’union, le titre utilisé par le journaliste dans la rubrique « Indiscrétions » était « bien une information, pas une insulte. C’est un fait, pas des propos inventés. » Il s’agit « de défendre la liberté de la presse, car dire la vérité n’est pas une injure, c’est une information ».

Le tribunal a été du même avis. Hier, il a prononcé la relaxe du PDG de l’union, Jacques Tillier et a débouté Vincent Potier de ses demandes.

P.B.

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